Cadre de la Sécurité Alimentaire | Principaux Groupes de Population

Au Niger une année sur trois est en général mauvaise sur le plan alimentaire. Les populations les plus affectées sont celles vivant dans les zones d?économies agro-alimentaires en pleine déstructuration. Ce sont:

  • les agro-pastoralistes vivant dans la zone agropastorale au nord des régions de Tillabéry, Tahoua, Maradi et Zinder et au sud de la région d?Agadez ;
  • les ménages résidant dans les localités connues pour la pauvreté structurelle telles que Ouallam, Loga et Tanout ;
  • les ménages vivant dans les zones agricoles ou pastorales ou agropastorales sujettes à des déficit céréaliers et fourragers conjoncturels importants et parfois cumulés à l?issue de plusieurs mauvaises campagnes.

Dans ces zones, les principales activités sont l?agriculture et l?élevage mais leurs rendements sont très variables d?une année à une autre à cause d?une pluviométrie aléatoire. Pour survivre, les populations pratiquent l?exode vers les centres urbains, les pays limitrophes comme la Libye, le Ghana, la Cote d?Ivoire, le Nigeria, le Cameroun, les pays du golf etc. Pour les plus pauvres, incapable de payer leur transport pour aller en exode, ils s?adonnent à l?exploitation des ressources naturelles (vente de paille et de bois) ou la vente localement de leur force de travail sous forme de main d??uvre agricole ou pour la construction des maisons.

En moyenne chaque année, un à trois millions de personnes environ sont concernées par l?insécurité alimentaire au Niger à des degrés divers : modéré, sévère et extrême.

% de ménages en insécurité alimentaire par départmentC?est ainsi que l?analyse des résultats de l?enquête conjointe sur la vulnérabilité à l?insécurité alimentaire des ménages (Novembre 2006) a montré que malgré deux campagnes agricoles jugées globalement satisfaisantes, 1.125.399 personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire en raison du degré de déficit important qu?elles ont enregistré suite à la campagne 2006-2007.

Les fortes proportions de ménages en insécurité alimentaire ont été notées dans les départements de Tillabéri (62%), de Ouallam (55%), de Tahoua (51%), de Loga (50%), de Keita (48%), de Bouza (44%), de Illéla (40%), de Boboye (40%), d?Arlit (39%).

La malnutrition revêt également un caractère chronique dans pratiquement tout le pays. Elle est de plus en plus exacerbée par la pauvreté et les situations conjoncturelles  et saisonnières défavorables d?insécurité alimentaire et l?état sanitaire des populations. Contrairement à l?insécurité alimentaire, la malnutrition frappe beaucoup plus les ménages agricoles pauvres qui ont un accès limité à l?eau potable et aux soins de santé particulièrement durant la période de soudure où elle affecte en moyenne de manière chronique ou aigu les enfants de 0 à 59 mois, les femmes enceintes, les femmes allaitantes et les personnes âgées vivant dans les localités du nord de la région de Tillabéry et le sud des régions de Tahoua, Maradi et Zinder.

Dans la plupart des cas, les ménages affectés sont ceux incapables de constituer suffisamment de stocks (la capacité productive ou les revenus de ces ménages ne leur permettent pas de couvrir leurs besoins alimentaires que pour une durée moyenne de trois mois) et ce sont les ménages dirigés par les femmes, les ménages monoparentaux (dirigés par les veufs et les veuves) et ceux dépendant des sources de revenus précaires (vente de bois ou de paille, petit commerce, artisanat ?..) ou disposant de moins de 3 hectares cultivables ou de moins de 2 têtes de bétail.

 

 

 
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