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Food Security Outlook

La consommation alimentaire des ménages du Sahel se détériore pendant la soudure

June 2018

June - September 2018

La zone pastorale et le nord de la zone agropastorale sont en phase 3. Une partie de la zone de maraichage à l'est est en phase 2, ainsi qu'une partie du sud du pays. La zone du lac est en phase 2! grâce à l'assistance humanitaire. Le reste du pays en pha

October 2018 - January 2019

La zone du lac est en phase 2! grâce à l'assistance humanitaire. Le reste du pays en phase 1.

IPC 2.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC 2.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Would likely be at least one phase worse without current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.

IPC 2.0 Acute Food Insecurity Phase

1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET classification is IPC-compatible. IPC-compatible analysis follows key IPC protocols but does not necessarily reflect the consensus of national food security partners.
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

IPC 2.0 Acute Food Insecurity Phase

Presence countries:
1: Minimal
2: Stressed
3: Crisis
4: Emergency
5: Famine
Remote monitoring
countries:
1: Minimal
2: Stressed
3+: Crisis or higher
Would likely be at least one phase worse without
current or programmed humanitarian assistance
FEWS NET Remote Monitoring countries use a colored outline to represent the highest IPC classification in areas of concern.

Key Messages

  • Les faibles récoltes de 2017-2018 dans les régions du Lac, Kanem, BEG, Batha, Wadi Fira, Guéra et Hadjer Lamis ont entrainé un épuisement des stocks plus tôt que d'habitude. Cela a entraîné une soudure précoce et une dépendance prolongée aux marchés. Les revenus des ménages sont inférieurs à la moyenne en raison de la crise financière, ne permettant pas de combler le déficit de consommation.

  • La situation pastorale est sévèrement dégradée à cause de la rareté du pâturage dans les régions sahéliennes. On observe un mauvais état d’embonpoint des animaux entrainant une baisse importante des prix à des niveaux inférieurs à la moyenne. Cette baisse a causé une détérioration des termes de l’échange bétail/céréales, limitant l'accès au marché. Quant aux prix des céréales, ils restent relativement proches de la moyenne. 

  • Une assistance humanitaire en cours, vise à apporter une réponse aux déficits céréaliers enregistrés en 2017. Ces interventions pourraient durer quatre mois, de juin à septembre 2018, pour tout le Sahel à l’exception du Wadi Fira qui bénéficiera de cinq mois. Elles toucheront environ 379 016 bénéficiaires, classées en phase 3 et plus de l’IPC (Cadre Harmonisé, mars 2018).

CONTEXTE NATIONAL

Situation actuelle

La crise économique : le Tchad dépend en grande partie des ressources pétrolières. La crise économique et financière a commencé en fin 2013 – début 2014 suite à la chute des cours du pétrole sur le marché international. Cette situation a créé l’arrêt des investissements en cours (multiples chantiers de construction, routes, bâtiments, etc.), entrainant la baisse des opportunités d’emploi, la baisse des transferts monétaires vers les zones rurales, la levée des subventions aux labour motorisé, la hausse des coûts de transport, l’abattement des salaires des fonctionnaires, etc. Cette situation est aggravée par l’insécurité au lac Tchad qui a entrainé un arrêt des exportations de bétail vers le Nigéria.

Situation agricole : certaines localités du sud avaient reçu les premières pluies dès avril dernier, mais les précipitations ont décliné en juin. On constate actuellement que la majeure partie des localités à haute potentialité agricole tel que le sud-ouest de Mandoul, de la Nya Pende ou du Logone Occidental souffrent d’un retard dans l’installation de la saison des pluies. Compte tenu de l’installation partielle de l’hivernage et de la mauvaise répartition des pluies, les semis à date sont estimés entre 10 à 15 pourcent seulement contre 25 à 30 pourcent en année normale. Ces semis se poursuivent et atteindront le niveau maximal vers mi - juillet.

La situation pastorale : la soudure pastorale, débutée précocement à cause des sévères déficits fourragers de 2017 a atteint son pic dans la plupart des régions, entrainant une dégradation de l’état corporel des animaux. Ceci affecte les prix qui continuent leur tendance baissière ainsi que les revenus des ménages d’éleveurs. Les herbes fraîches commencent à pousser au Salamat et au Guéra. Dans le Barh El Ghazel, les pasteurs font recours aux tourteaux d’arachide, au foin et au son de céréale pour compenser la rareté du pâturage. Dans le Wadi Fira, le Projet de Renforcement de l’Elevage Pastoral (PREPAS) procède à une vente subventionnée de tourteaux (5.000 FCFA le sac de 70 kg contre 12.500 FCFA au marché). L’eau d’abreuvement est rare et les animaux parcourent 5-10 kms pour se rendre aux puits pastoraux. Au Lac, les éleveurs commencent à regagner les localités insulaires pour bénéficier de l’eau et du pâturage lacustre. En réponse à la crise pastorale, le Projet d’Appui au Pastoralisme dans le Sahel (PRAPS) intervient dans dix régions à travers la vente subventionnée de 35.000 sacs de 70 kg chacun. Le sac est vendu à 5000 FCFA contre 12.500 FCFA le prix de marché.

La main d’œuvre agricole : la demande en main d’œuvre agricole est globalement faible comparée à une année normale en raison de la crise économique et financière. Les revenus de la main d’œuvre sont donc inférieurs à une année normale. L’offre de la main d’œuvre est supérieure à une année normale en raison de la crise, entrainant une baisse de coût journalier dans certaines localités.

Mouvements de populations : un retour progressif des migrants saisonniers est observé au Guéra, Wadi Fira, Sila, Batha et Ouaddaï en vue des préparatifs de la campagne agricole.

L’offre et la disponibilité céréalière : les principaux marchés continuent d’être approvisionnés comme en année normale, même dans les régions qui ont enregistré de déficits importants en 2017, à l’exception du lac Tchad (Bol et Bagassola), où malgré le renforcement en cours des stocks par les récoltes de contre saison chaude, l’insécurité affecte les échanges et les marchés. L’approvisionnement des marchés en produits alimentaires manufacturés à partir du Nigéria se poursuit au ralenti en contournant par Diffa, au Niger.

La demande des produits céréaliers : celle-ci est en baisse même dans les régions où la disponibilité est faible à cause de la crise économique. Les difficultés budgétaires n’ont pas permis la reconstitution des stocks institutionnels en 2017-2018. Ceci a contribué à une baisse atypique de la demande dans les régions excédentaires. La demande au niveau des commerçants et des ménages a également baissé suite à la baisse de leur pouvoir d’achat et aux bas niveaux de revenus.

Les flux et prix des céréales : on observe une légère baisse des flux céréaliers des zones excédentaires vers celles où la production est faible à cause des méventes liées à la crise financière. Les mécanismes de transfert de céréales de l’Office National de Sécurité Alimentaire (ONASA) qui remplissent habituellement ce rôle sont très réduits. Cette année, la baisse de ces flux n’a pas eu un grand impact sur les prix des céréales qui sont généralement stables en cette période de soudure. La plupart des marchés céréaliers affichent une certaine stabilité en juin comparée à la moyenne quinquennale, y compris dans les zones déficitaires. Cette stabilité est principalement causée par la crise économico-financière qui persiste et la faible demande qui en découle.

Les prix de bétail : malgré la période de Ramadan (mi-mai/mi-juin), les prix du bétail restent en baisse à cause de la crise économique et de la baisse de la demande venant du Nigéria. Les prix de petits ruminants en juin restent en baisse avec  55 et -47 pourcent comparés à la moyenne, respectivement sur les marchés de Oum-Hadjer et Massenya.

Assistance humanitaire : une assistance alimentaire de quatre à cinq mois est en cours dans huit régions de la zone sahélienne (Batha, BEG, Kanem, Lac, Guéra, Ouaddaï, Sila, Wadi Fira). Ces interventions font suite aux déficits céréaliers enregistrés en 2017 et visent à apporter une réponse pendant la soudure agricole. Une population totale d’environ 379 016 bénéficiaires classée en phase 3 ou plus selon le Cadre harmonisé de mars 2018 est ainsi concernée par ces opérations de distributions générales de vivres (DGV), transferts monétaires et vouchers ainsi que la distribution de suppléments nutritionnels. Cette assistance ne touchera qu’un nombre limité de ménages ciblés et ne pourra donc pas changer la phase, sauf au Lac.

Situation alimentaire courante : au Kanem, BEG, Nord Guéra (Mangalmé), Nord Hadjer Lamis (Dagana), Batha et Wadi Fira, on note un épuisement précoce des stocks et une baisse des revenus. Par conséquent, ils peuvent à peine couvrir leurs besoins alimentaires, ont un déficit de consommation et sont donc en crise (Phase 3 de l’IPC). En revanche, l’assistance humanitaire en cours autour du lac Tchad améliore la sécurité alimentaire des ménages, où ceux-ci sont en Stress (Phase 2 ! de l’IPC) alimentaire. Il existe également des zones isolées sous pression comme le Ouaddaï, Djourf Al Ahmar (Sila), en raison des conditions pastorales très difficiles conduisant à de mauvais états corporels et des baisses de prix du bétail. Dans le sud du pays, une partie du Moyen Chari, Mandoul et Tandjilé a une consommation alimentaire réduite et les ménages n’arrivent pas à se permettre certaines dépenses non alimentaires. Par conséquent, ils sont aussi sous pression. Cependant, les autres zones du pays restent en insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC) grâce aux bonnes récoltes céréalières de la campagne 2017–2018.

Suppositions

Le scénario le plus probable de juin 2018 à janvier 2019 est basé sur les hypothèses suivantes au niveau national :

  • Prévisions climatiques pour la campagne 2018 – 2019  : les cumuls pluviométriques seraient normaux à légèrement excédentaire dans l’ensemble du pays (Source : Agence Nationale de la Météorologie). Ceci est corroboré par les prédictions de « The North American Multi-Model Ensemble (NMME)/National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) (Figure I).
  • La campagne agricole 2018 – 2019 : les pluies précoces annoncées, et les disponibilités moyennes en eau pourraient se traduire par des perspectives de récoltes pluviales, de contre saison et maraîchères autour de la moyenne
  • Dans la plupart des régions, les sources de nourriture et de revenu issus de la production propre serait d’un niveau moyen.
  • Perspectives de la main d’œuvre agricole : les revenus de la main d’œuvre agricole seront inférieurs à la moyenne dans la zone de transhumance durant toute la période d’analyse.
  • Perspectives des ressources pastorales et mouvement de bétail : l’arrivée des pluies précoces pourrait améliorer la régénérescence du tapis herbacé et la biomasse à partir de mi-juin avec pour corolaire, un taux élevé de conception, et une bonne disponibilité laitière à partir de mi-août. La remontée des transhumants sera presque normale avec un début légèrement précoce.
  • L’offre, la demande et les prix des produits alimentaires et de bétail : la baisse de la production agricole enregistrée au niveau national en 2017-2018 limite l’offre sur certains marchés. La demande en céréales sèches resterait faible sur les différents marchés, y compris dans les régions déficitaires, du fait de la crise économique et de la baisse du pouvoir d’achat des éleveurs et des éleveurs-agriculteurs due à la baisse des prix du bétail. Sur la plupart des marchés, les prix des céréales seront modérément supérieurs au niveau de l'an dernier, pendant la soudure, mais seront stables ou légèrement inférieurs à la moyenne quinquennale.
  • Evolution de la prévalence de la MAG pendant la période de scenario : selon la médiane de la MAG calculée à partir de la série historique des enquêtes SMART de 2010 à 2016 qui se situe entre 10 et 15 pourcent, la situation nutritionnelle demeurera typique mais sérieuse à l’échelle nationale de mai jusqu’en septembre 2018. L’amélioration du pâturage ainsi que la disponibilité alimentaire à partir de septembre et les interventions humanitaires permettront de maintenir la situation nutritionnelle à l’échelle nationale (MAG entre 10 à 15 pourcent).

Résultats les plus probables de la sécurité alimentaire

Pour la période de juin à septembre 2018, la plupart des ménages pauvres des six régions (Lac, Kanem, Bahr El Ghazal, Guéra, Ouaddaï et Wadi Fira), des zones agropastorales et pastorales ont épuisé leurs stocks alimentaires et auront, à cause de la crise pastorale, un manque de revenu nécessaire pour protéger leurs moyens d’existence. Ils ont déjà commencé à utiliser des stratégies de crise telles que la vente anormalement élevée d'animaux à un prix particulièrement bas. Ces ménages pourraient avoir également un juste assez de nourriture et d’espèces nécessaires pour couvrir le minimum de leurs besoins alimentaires jusqu’à mi-août. Leur consommation alimentaire pourrait légèrement s’améliorer à partir de la mi-août grâce à la disponibilité de nouvelles sources d’aliments et passeraient progressivement d’une situation de Crise à une situation de Stress (phases 3 et 2 de l’IPC).

Dans certaines zones du Sahel, notamment le Ouaddaï, Djourf Al Ahmar (Sila), et au sud du pays (une partie du Moyen Chari, Mandoul et Tandjilé), les conditions pastorales difficiles couplées à l’épuisement des stocks vont conduire à une consommation alimentaire réduite entre juin et août. Les ménages n’arrivent pas à se permettre certaines dépenses non alimentaires, ils sont donc sous pression. Au Lac, la sécurité alimentaire sera améliorée grâce à l’assistance humanitaire. Les ménages seront en Stress (Phase 2 ! de l’IPC). Les autres zones du pays restent en insécurité alimentaire minimale (Phase 1 de l’IPC) grâce aux bons niveaux de stocks.

Pour la période d’octobre 2018 à janvier 2019 : grâce aux récoltes pluviales attendues en octobre et à l’amélioration de la situation pastorale, les ménages pauvres et très pauvres seraient capables de couvrir leurs besoins alimentaires et non alimentaires de base sans aucune stratégie d’adaptation ni déficit de protection des moyens d’existence. Ils auraient une consommation alimentaire normale, menant à une insécurité alimentaire Minimale (phase 1 de l’IPC) dans toutes les zones de moyens d’existence, à l’exception du lac Tchad, à cause du conflit et de la présence des déplacés.

About Scenario Development

To project food security outcomes, FEWS NET develops a set of assumptions about likely events, their effects, and the probable responses of various actors. FEWS NET analyzes these assumptions in the context of current conditions and local livelihoods to arrive at a most likely scenario for the coming eight months. Learn more here.

About FEWS NET

The Famine Early Warning Systems Network is a leading provider of early warning and analysis on food insecurity. Created by USAID in 1985 to help decision-makers plan for humanitarian crises, FEWS NET provides evidence-based analysis on some 34 countries. Implementing team members include NASA, NOAA, USDA, and USGS, along with Chemonics International Inc. and Kimetrica. Read more about our work.

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